Le dévoilement des dossiers Epstein a laissé une trace qui n’est pas une parmi d’autres dans notre histoire : c’est un appel définitif qui résonne derrière les scandales. Ça résonne à l’intérieur. Et si vous sentez le changement dans l’air, c’est presque tangible, parfois insupportable.
Ce que cela éveille en réalité, chez les femmes mais aussi chez les hommes plus sensibles, c’est le retour de l’intelligence féminine, et avec elle l’ancrage de la vérité, qui n’a plus besoin d’ambassadeurs en verres fumés et au sourire verni.
Notre paradigme social millénaire s’écroule : une société fondée sur la soumission des femmes est une société en déséquilibre à un niveau encore plus profond et pernicieux.
C’est le monde fondé sur la loi de la prédation qui s’écroule — la prédation des femmes, mais aussi des ressources et de tout ce qui est vivant; la soumission d’espèces et d’humains, et la glorification du plus fort, du plus performant, du fortuné.
Dans ce paradigme, l’autorité patriarcale a exacerbé la séparation, l’opposition, le contrôle, la domination. La misogynie est une de ses expressions, comme l’homophobie.
L’équilibre est le fondement de notre propre survie, mais cette suprématie est si incarnée qu’elle s’auto-justifie elle-même dans le fait de soumettre, de mépriser ou de craindre ce qui est jugé inférieur ou différent. Parfois, la justification est le profit, d’autres, un dieu ou le soi disant ordre social.
Ce que l’affaire Epstein éveille en nous, c’est un refus de continuer d’encenser ce paradigme.
Bien. Une bonne chose de fait.
Mais on réalise ensuite qu’on ne perçoit que les bords de ce paradigme, car on l’a internalisé. Avec les siècles, on a perdu la distance. Même les femmes. On a embarqué, par la force de la répétition.
Et c’est un exercice intéressant de voir jusqu’où on a internalisé un système qui nous a déconnecté·es de nous-même et qui a décrété la supériorité de l’homme et du mâle.
Mais quand l’ancien ne peut plus tenir devant ses propres mensonges, il emporte aussi le voile qu’il tenait : et c’est alors que nous recouvrons notre pouvoir (jamais perdu) de décider par nous-même ce qui est vrai.
Ce qui est juste.
Ce qui mérite notre attention individuelle et collective.
Ce qui est l’avenir qu’on veut pour l’humanité et qu’on veut voir grandir.
Quelles façons de vivre, d’organiser les communautés, de s’alimenter, d’éduquer, d’aider, de croître, l’humanité tout entière voulons-nous vraiment?
L’avènement du féminin
L’avènement du féminin accompagne ce mouvement de prise de pouvoir personnelle, mais il ne se présente pas comme une lutte — le féminin dans sa plus haute expression ne lutte pas : il incarne l’harmonie. Il stabilise le chaos. Il invite à l’équilibre. Il reste ferme pendant que le masculin agit.
Le féminin n’impose pas de nouveau paradigme: il irrigue et enveloppe, pour que l’harmonie puisse se tresser à nouveau en coulant de source — inspirée, intègre, équilibrée. Pour que ce soit l’amour et l’entraide, et non plus la haine ou la peur, à organiser le monde.
L’intelligence féminine opère par la justesse, la médiation, l’harmonie sociale et l’égalité de toutes les expressions du vivant. Elle est inclusive et créative, elle offre son écoute au corps et aux émotions, elle agit dans le soutien et le soin de l’autre et de soi. Elle est naturellement ancrée dans l’évolution de la Terre et ressent l’important équilibre avec toutes les formes de vie.
L’effet de choc des dossiers Epstein cogne fort, mais cette fois-ci ce n’est pas un scandale médiatique comme les autres: il dévoile un systémisme qui perd sa raison d’exister, et qui s’écroule dans sa propre aberration.
On n’aurait jamais cru y arriver, mais oui: voilà le jour. C’est au féminin de jouer maintenant, chez chacun et chacune d’entre nous.
Laissons que l’harmonie redevienne le guide de nos actions et ancrons dans nos gestes, mots, choix, jobs, familles et communautés ce qu’on veut vraiment voir dans le monde.